Historique

, par udfo68

Les origines du syndicalisme

La révolution Française a aboli tous les privilèges. Les ouvriers libérés de la tutelle des corporations de maîtres, fondent des coalitions ouvrières. Ainsi la coalition des compagnons charpentiers qui tente d’imposer un tarif aux patrons. La bourgeoisie constituante réagit aussitôt. L’avocat rennais, député du tiers état, Isaac Le Chapelier, fait voter, le 14 juin 1791, une loi qui portera son nom. L’homme qui présida l’assemblée la nuit du 4 août, interdit toute association entre personnes d’un même métier et toute coalition ouvrière. Maîtres et compagnons ne peuvent nommer de présidents, secrétaires ou syndics et "prendre des arrêtés sur leurs prétendus intérêts communs". En clair, grèves et syndicats sont prohibés ; la liberté du travail l’emporte sur la liberté d’association.

Cette loi sera abrogée par étapes seulement en 1864, 1884 et 1901.

Le premier syndicat regroupait des salariés de toutes professions qui avaient souhaités, en se réunissant pour défendre leurs intérêts, ne pas être réduits à une forme d’esclavage.Ces salariés voulaient améliorer leurs conditions de travail, leur salaire, leur protection sociale, leur vie.

C’est grâce à leurs combats que les Organisations Syndicales ont pu exister, et avec elles de grands droits ont pu être acquis par la négociation et la grève :

- Création de la sécurité sociale - Droit aux congés payés - Comité d’entreprise - Convention collective - Assurance chômage - Conseil des prud’hommes - Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC)…

La lecture du règlement intérieur, que nous publions ci-dessous intégralement, permet de mesurer le chemin parcouru par le mouvement social : laïcité, congés payés, réduction du temps de travail, amélioration des conditions de travil, CHS CT, caisses de retraites, sécurité sociale, négociations collectives… Elle permet aussi de constater que certains thèmes paraissent éternels et quel engrenage implacable les impératifs de productivité et de rendement de l’économie constituent pour les hommes.


Règlement Intérieur d’une entreprise Textile du Haut-Rhin en 1872

1. Crainte de Dieu et ponctualité sont les principes de base qui régissent la vie d’un établissement compétent. 2. La présence du personnel sera obligatoire tous les jours de la semaine de six heures du matin a six heures du soir. Le dimanche est réserve aux offices religieux. Chaque matin, on fera la prière dans le bureau principal.

3. Si la maison le juge nécessaire, chacun devra faire les heures supplémentaires exigées.

4. L’employé le plus ancien sera responsable de la propreté du bureau. Tous les jeunes gens et les jeunes filles se présenteront à lui quarante minutes avant la prière et resteront à sa disposition aprèsla fin du travail.

5. Le personnel n’aura pas le droit de se déplacer en vêtements clairs et devra porter des bas convenables. Les galoches et les manteaux ne devront pas être portés au bureau, car le personnel a un fourneau à sa disposition. Une exception sera faite en cas de mauvais temps pour les cache-nez et les chapeaux. Pendant la période d’hiver, chaque membre du personnel devra apporter quatre livres de charbon de bois par jour.

6. Pendant les heures de travail il est interdit de parler. Un employé qui fume un cigare, qui absorbe de l’alcool sous quelque forme que ce soit, qui discute de billard ou de politique locale, donne l’occasion de mettre en doute son honneur, sa probité et sa droiture.

7. L’absorption de nourriture est autorisée entre 11h30 et 12h00. Cependant le travail ne devra en aucune façon être interrompu.

8. Chaque membre du personnel a le devoir de se soucier de sa santé. En cas de maladie, le paiement de son salaire sera interrompu. Il est expressément recommandé que chaque mois une coquette somme soit mise de coté en prévision de tel cas, ainsi que pour ses vieux jours, afin qu’en cas d’incapacité de travail ou de diminution de ses forces, il ne tombe pas à la charge de la collectivité.

9. Nous soulignons la généreuse libéralité de ce nouveau règlement. En compensation on attend de tous un notable surcroît de production dans le travail."